Peu à peu, les expériences de terrain se multiplient au cours des années 1990 : Haïti, Colombie, Indonésie, Israël/Palestine, etc. La communauté internationale adopte aussi une grande partie des techniques qui ont fait leurs preuves sur le terrain : observation, accompagnement, médiation, interposition, etc. Néanmoins la référence explicite à la non-violence reste l’apanage des ONGs. La question de l’ingérence est aussi abordée différemment. Alors que la communauté internationale débat des questions d’ingérence sans aboutir, alors que des massacres se perpétuent devant des casques bleus paralysés (Rwanda, Yougoslavie), des expériences de terrain de l’ICP montrent qu’il est possible d’intervenir de façon impartiale et en respectant les acteurs locaux. Les notions et concepts se précisent et se clarifient. La création de Nonviolent Peaceforce (NP) en 2002 donne une accélération et une forte concrétisation à la notion d’ICP ou Unarmed Civilian Peacekeeping en anglais. C’est d’ailleurs, chose remarquable, la première et la seule ONG à ce jour qui, affichant ouvertement son choix de la non-violence, a reçu une mission officielle d’intervention de l’ONU (Soudan du Sud depuis 2009).