En 1981, l’organisation Peace Brigades International (PBI) est créée et intervient initialement en Amérique centrale, dans des pays ravagés par la guerre civile. Cette ONG invente littéralement l’accompagnement protecteur non-violent qui va devenir l’une des techniques de base de l’intervention civile. L’une des missions qui fit leur renommée fût la protection de Rigoberta Menchu [1] au Guatemala qui recevra le prix Nobel de la paix en 1992. PBI travaille dans des zones de conflits et de forte répression. Les volontaires internationaux accompagnent des personnes, organisations et communautés menacées, parfois 24 h sur 24, chez elles, sur leur lieu de travail, aux réunions publiques et partout où elles peuvent représenter une cible. Avec quelques autres tel les Christian Peacemakers Teams, cette organisation pose les bases d’une intervention civile : référence explicite et revendiquée à la non-violence, déploiement sur le site du conflit d’intervenants non-violents internationaux, ne prenant pas partie au conflit et s’interposant pour protéger les personnes et organisations qui œuvrent de façon non-violente en faveur de changements sociaux et politiques. [2]

L’importance de la formation et de la préparation de ses intervenants ainsi que le travail en réseau au niveau international s’imposent rapidement comme questions clés. L’usage d’internet ouvre de nouvelles perspectives. Les formations se multiplient et de vrais centres spécialisés se créent, tel le Centre d’Etudes Autrichien pour la paix et la résolution de conflits (ASPR) en Autriche. Ce centre, créé au début des années 1980 a, depuis, formé des générations d’intervenants dans les zones de conflit, y compris pour des organisations internationales telle que l’OSCE qui ont adopté certaines techniques ICP après la guerre froide.